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Recueil-6005 |
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Recueil de Anne-Sophie, France
Théâtre d'ombres et de lumières
Il me semble aujourd'hui encore, que nous avons joué dans un théâtre d'ombres et de lumières, sur une scène des entrailles de la nuit. Ainsi sur des morsures d'heures indues, entre hasard et destin. Parfois corps à corps, même, au rythme de nos reins, parfois nos échos distordus, comme une grande vague de sons et d'écumes, frappant les rochers inertes au bord des chemins fugitifs. Dans cette danse et cadence, de nos cris frénétiques, je retiens, ancrée en mémoire, le bruit de tes pas, la bavure de tes mots, sous le pas des saisons froides. De cet échange, on eût dit à chaque fois, une tempête de lyriques murmures, défiant la survie de nos coeurs incendiés, nos angoisses écorchaient aux ratures de nos fantasmes, à la vision étrange des spasmes de l'énigme. Y a t-il eu affrontement, différence, à travers les mailles du temps, derrière de sombres images, déjà vécues, déjà passées, pour qu'enfin comme un pont suspendu, libérateur, détournant mes pas de toi, j'eus l'impression tout d'un coup, d'assister aux funérailles de tes charades écervelées. Difficile à soutenir, difficile à croire, de ma quête d'identité, l'âme obscurcie de tes réflexions ironiques, j'entends sans le vouloir, le concert de ta voix, reprendre inlassablement, le chant des plaisirs débraillés. Aujourd'hui porte fermée sur le monde, lumière feutrée, obscure, si ma vie balance comme la coque des bateaux, comme une poésie sur un vent calme, là où se couchent les roseaux derrière les brumes matinales, je sais à jamais, que ton amour n'est que de coton et de bois, aussi fragile que le sifflet des fumées.
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Mise à jour ; 12 mars 2005 Copyright © 2004, Les éditions Mélonic |